Gastronomie

 In Poésie

je me rappelle avoir voulu me dévorer
dans le futur
au milieu d’une ville qui sera allemande
mais c’est pas grave
c’est presque rien de vous dire où

l’important c’est ce bras qui méritait…
ou plutôt méritera un coup de dent
la nuit salée et ma peau sale
que je regarderai transpirer en salivant

mes oreilles marinées aux échalotes
auront quel goût ?
et mes doigts de pied en tartare ?
mon foie doré au piment doux
sera-t-il tendre ?

les interrogations gastronomiques
virevolteront comme des mouches
autour de moi
le suspens frappera un tambour
et mes abdos s’imagineront
à la carbonara ou mieux encore :
hachés fins sous une croûte aux herbes…

mais finalement je m’arrêterai
et je boufferai des patates aux anchois
car il est vrai que j’hésiterai
sur la sauce adéquate

curry porto ou samouraï pour mon ego
ce sera peu clair
et vu qu’on ne se cuisine qu’une seule fois
en règle générale…
je devrai consulter les eaux d’un fleuve
pour pouvoir arrêter ce choix


Ce texte est extrait du recueil Soleil plouc, Le Pédalo Ivre ; collection poésie, Lyon, 2018, 80 p. La rédaction remercie Frédérick Houdaer pour nous avoir permis cette publication | Illustration :  Patrick Sirot, 2019.

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