Roland Topor : La cuisine cannibale

 In Bibliofolie

Initialement publiée en 1970, La cuisine cannibale est un opuscule désopilant destiné à un public amateur d’humour noir.  Roland Topor (1938-1997), auteur touche-à-tout aussi prolifique qu’impertinent s’attaque au tabou du cannibalisme.

Le désespéré met sa tête
dans le four,
SON FILS ALLUME LE GAZ

Bon appétit !

À travers quarante-trois recettes, de nombreux faits divers et des dessins aussi drôles que monstrueux, Topor nous invite à manger notre voisin, le maître d’hôtel, les missionnaires, le patron ou le garde-chasse. Personne n’est épargné, pas même les militaires, « Les généraux sont longs à nettoyer et faciles à cuire », ni notre chère maman et même… les enfants. En ces temps de promotion du véganisme, ne pourrait-on pas rêver mieux qu’une promotion de l’homme ? Car « l’homme est le meilleur aliment de l’homme » et non, comme le prétendait Plaute, « Homo homini lupus est », « l’homme est un loup pour l’homme ». Hachons chers amis, flambons, fricassons, après avoir sélectionné un homme de choix, bien entendu. Topor préconise à ce propos la consommation de sujets sains, fumeurs plutôt que non-fumeurs et élevés à la campagne. Mais attention, point de sportifs, ils sont tous immangeables !

Bien entendu, ce livre inclassable — faut-il bien le ranger dans votre bibliothèque culinaire ? —, aura au moins le mérite de nous faire réfléchir — à défaut de nous remplir l’estomac — sur ce qui nous retient de manger nos semblables. En lisant avec délice les pages de La cuisine cannibale, on se surprend à réfléchir au savoureux, au beau, au sain, à la folie, à ce qui fait femme ou homme, à la vieillesse, à la fonction, au pouvoir et au corps en général. Pourtant, Topor ne s’écarte jamais de sa ligne humoristique, et caustique il est vrai.

LA PEAU ET LES OS
Après avoir nettoyé la peau, faites-la cuire dans un chaudron rempli d’eau additionnée de vinaigre. Ensuite, coupez-le en petits morceaux de 10 cm environ. Vous envelopperez les os, sciés en fragments gros comme le nez, dans ces morceaux de peau et vous plongerez vos paquets dans de la friture bien chaude.
Pour que les os soient d’une blancheur parfaite, vous pouvez au préalable les brosser avec de la pâte dentifrice.

Il est urgent de sombrer dans la truculence et de lire La cuisine cannibale, et ce avant d’encourager vos amis à devenir végétariens. En effet, ce régime procure à la viande un goût délicieux. Profitez-en. Il sera toutefois important de ne pas laisser ce livre à la portée de vos amis zombies. Ils y trouveraient un usage bien commode !

Références

Roland Topor (2016), La cuisine cannibale, Première édition, Paris, Wombat (Poche comique), 117 p.

Comments
  • Florence Albrecht
    Répondre

    Monsieur, vous m’avez convaincue de la nécessité et de la bienséance qu’il y a à manger ses proches sans faire de chichis, mais j’hésite encore un peu car je ne trouve pas de recette assez relevée pour cuisiner mon truculent mari : pouvez-vous me faire parvenir la recette, svp ? Merci d’avance.

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