La granita de Dama

 In Lavons nos petits plats en famille

Depuis qu’un Sicilien partage ma vie, j’ai eu le bonheur de découvrir cette île-région, ce pays volcan, ses paysages verdoyants sans rapport avec ceux que j’imaginais, et sa gastronomie. J’ai même appris à la pratiquer.

À chaque voyage vers Milazzo, port d’où glissent les aliscafi vers les Îles Éoliennes, notre première étape gourmande incontournable se tient là, chez Dama.

Il signor Dama, « Monsieur Dame », était un pâtissier tout sec et de petite taille, qui n’avait rien de commun avec le Monsieur Dame de nos Demoiselles, incarné par l’éperdu Michel Piccoli. S’il s’est envolé l’an dernier vers d’autres cieux que l’on espère gourmands, son imposante femme-tronc, avec qui il composait un couple à la Dubout, tient toujours bon la boutique. Son fils, grand gaillard solide, poursuit pâtisserie et service, et la 3e génération, sa petite-fille, vient d’intégrer le laboratoire.

C’est dans ce café pâtisserie, comme il y en a tant en Sicile, que nous nous ruons pour déguster notre granita, LA douceur matinale et rafraîchissante dont les parfums s’accordent à la saison, spécialité de la côte orientale de l’île. Composée d’eau et de jus ou de purée de fruits glacés (mais liquides), sucrés juste ce qu’il faut, elle se déguste saveur café toute l’année puis, au printemps, le choix s’élargit au citron (limone), à l’amande (mandorla), à la fraise (fragola – ici en photo), voire même au chocolat (cioccolato). Du fruit plus que frais, que l’on peut, comble de la gourmandise, chapeauter d’une épaisse crème fouettée (héritage des rois normands ?), timidement et à demi (macchiata, à gauche sur la photo) ou goulûment et pleinement (con panna, à droite). Surprenante dans ce pays chaud, la brioche, certes moins beurrée que mon cœur normand l’aimerait, se plonge par petites touches dans la crème puis dans la glace, festival de textures et contraste de températures.

Manger la granita, c’est amorcer une belle journée de vacances dans l’ouest de la Sicile, c’est accorder les violons de son palais au lieu, c’est un incontournable pour se sentir là, pleinement. Un petit plaisir qui se mue peu à peu en souvenir gustatif et émotion gastronomique, avec ce goût de vacances et d’ailleurs incomparable.


Photo : Orianne Hurstel

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feu brûlant dans le foyer d'un poêle à bois