Freddie Hubbard : Straight Life

 In Discomanie

Flânerie dans les étoiles

Mais pourquoi n’ai-je pas découvert cela avant ? C’est une sensation bien connue des amateurs de musique, une sorte d’alchimie construite à cheval entre le sentiment de l’impossible recherche du temps perdu et la jubilation qu’on éprouve quand on ouvre une boîte aux trésors.

Bien entendu, dès la première écoute, je ne peux pas m’empêcher de téléphoner aux proches pour vanter ce Straight Life, tant je suis certain qu’ils me remercieront pour cette découverte et me couvriront de louanges. Moi, égocentrique ? Non, pour rester sérieux, cet album est une perle et les musiciens ici présents, des orfèvres !

La couleur pour commencer, le son lourd, puissant, me ramène tout de suite à quelque chose mais je ne sais pas vraiment encore très bien de quoi il s’agit. Ron Carter. Richard Landrum, Jack DeJohnette (deux batteurs c’est très tendance en 1970 et ça va durer), accompagnés par le percussionniste Weldon Irvin offrent ici THE section rythmique, un écrin de rêve pour les improvisateurs.

Je vous propose de délirer un instant. Nous retournons tous à l’école. Attendez, je m’explique. Bien sages, assis à leurs tables, les élèves Benson, Hancock jouent une musique très soft, équilibrée, parfois funk mais c’est l’époque, avec des relents d’afrobeat. Puis tout d’un coup, des riffs incisifs, percutants, et surtout persistants comme si l’instituteur était sorti de la classe. Le trompettiste meneur de la troupe, Hubbard, lance le chahut total, invitation à l’anarchie. Le free, quoi !

Ensuite tout le monde redevient sage le temps de quelques mesures. Ah, j’ai compris ce que je cherche depuis tout à l’heure : cet opus n’est certainement pas passé bien loin des oreilles de certains musiciens de Détroit quand ils ont façonné le son de Tribe Records tant ces constructions et ces ambiances me sont familières. C’est bien entendu un avis personnel … Malgré « Straight Life » et ses 17 minutes, « Mr Clean », qui lui fait 13 minutes, puis pour finir « Here’s That Rainy Day » qui termine le disque en 5 petites minutes, cet album ne comporte finalement qu’un seul un gros défaut, il est trop court…

C’est toujours jubilatoire les découvertes d’anciens albums, c’est une part de l’histoire de notre musique favorite que je vous invite vivement à découvrir dans ce disque et ce, avec certains des meilleurs élèves de l’école du Jazz !


Références

Straight life, Freddie Hubbard — CTI 6007 — 1 Disque CTI Records, 1971

Face A

  1. Straight Life

Face B

  1. Clean
  2. Here’s That Rainy Day

Freddie Hubbard : trompette & bugle | Joe Henderson : saxophone ténor | Herbie Hancock : piano électrique | George Benson : guitare | Ron Carter : contrebasse | Jack DeJohnette : batterie | Richard Landrum : batterie & percussions | Weldon Irvine : tablas & tambourin | Rudy Van Gelder : ingénieur du son

 

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pochette de l'album Feral Roots